Le Souvenir Napoléonien est né sur la Côte d'Azur en 1937, dans le salon d'Eugénie Gal. Cette arrière-petite-nièce du Maréchal Suchet, Duc Albufera, filleul de l'Impératrice Eugénie, réunissait dans son salon niçois de l'Avenue Clemenceau quelques familiers passionnés d'histoire, et surtout d'histoire napoléonienne. On y trouvait son cousin l'abbé Suchet, un Prince Murat, Marius Escudier, le Docteur Flammarion, Emile Fleury, fils du Grand Ecuyer de Napoléon III, le Président Zévaco, le médecin colonel Abbatucci, Louis Linden, etc… On s'y plaignait beaucoup de la déformation systématique de l'Histoire des deux périodes impériales, telle qu'elle était enseignée. On décida, pour réagir, de créer une " Société d'Histoire Napoléonienne " dont les statuts furent déposés le 21 décembre 1937.

Les présidents d'honneur en étaient la Princesse Antoinette Murat et le Général Prince Murat ; le Président effectif, le médecin colonel, Séverin Abbatucci.

Personnage hors du commun que ce médecin militaire fait chevalier de la Légion d'Honneur à 27 ans - chose rarissime à l'époque - pour avoir, lui médecin, pris le commandement de l'artillerie de la mission Destanave, dont le chef venait d'être tué, au cours d'une opération dans la boucle du Niger ; qui, en poste au Consulat de France dans le port chinois de Pakhoi, avait organisé un raid de quatre cavaliers revolver au poing pour libérer à 40 km de là, la famille d'un pasteur anglican, prisonnière de soldats chinois révoltés.

Ce membre d'une illustre famille corse - petit neveu du Général Charles Abbatucci, vainqueur du Prince Louis Joseph de Condé et défenseur héroïque du Huningue où il fut tué en 1796 - était l'ami du Maréchal Lyautey, et plusieurs fois lauréat de l'Académie de Médecine pour ses travaux de médecine tropicale.

A sa mort en 1939, Eugénie Gal lui succéda, et après les difficiles années de guerre et d'occupation fit paraître, le 18 novembre 1945, le premier numéro bien modeste de ce qui devait devenir la belle revue d'aujourd'hui.

C'est en 1948 que l'Association prit le nom de " Souvenir Napoléonien ". Une activité incessante fit du modeste groupe de départ, la base de l'important groupement d'aujourd'hui.

En 1963, à la mort d'Eugénie Gal, la présidence passa au Doyen Jacques de Warelles, prêtre wallon, orateur enflammé et auteur de plusieurs ouvrages de caractère politique et diplomatique. Il fut l'animateur des jeunes délégations provinciales et de grandes manifestations. Sa consécration fut d'obtenir que le Souvenir Napoléonien ranimerait la flamme de l'Arc de Triomphe, le 2 décembre.

A son décès en 1968, l'Association entra dans une période difficile et faillit sombrer. Mais le flambeau fut heureusement repris par le délégué parisien, Monsieur Jacques Fauvel. Il fut véritablement le sauveur du Souvenir Napoléonien, dont le siège fut alors transféré à Paris en 1969.

Il n'avait accepté cette charge qu'à titre provisoire, mais son rôle n'en fut pas moins capital en cette année du bicentenaire de la naissance de l'Empereur. Secondé par le Prince Murat, le chef de cette illustre famille, bon Président d'Honneur, il porta son effort sur la revue et sur de belles manifestations aux Tuileries et à Fontainebleau.

S'étant volontairement retiré, c'est le Docteur Guy Godlewski qui lui succéda en 1969. Ce brillant conférencier, spécialiste de Sainte-Hélène, parlera sur la revue du Souvenir Napoléonien, dont il fera progressivement l'excellent bimestriel avec grande compétence que nous connaissons, et qui a désormais sa place dans toutes les grandes bibliothèques, et figure dans la bibliographie de tous les ouvrages consacrés aux deux Empires.

Il se consacra également à l'organisation des voyages d'études partout où l'Empereur était passé, et qu'il conduisait lui-même.

Mais l'Association devait prendre sa physionomie actuelle par la rencontre d'un amateur et collectionneur passionné de l'Epopée Impériale : Martial Lapeyre, créateur des célèbres " Menuiseries Lapeyre ". Grâce à son mécénat, le Souvenir Napoléonien est propriétaire de l'immeuble qu'il occupe 82, rue Monceau à Paris.

Un legs important géré par la Fondation de France et par la Fondation Napoléon, permet à cette dernière de soutenir de très nombreuses initiatives en France et à l'Etranger : dotation de deux prix d'Histoire annuels. C'est prix étant de 100000 francs chacun, représentent une des plus hautes récompenses éditoriales. Bourses d'études à des étudiants. Soutien à la renaissance de la musique de l'époque du Premier Empire, si injustement oubliée. Grâce aux Souvenir Napoléonien, les plus connus des Musées Napoléoniens français : Musée Masséna à Nice, ont été enrichis par des dons venant de célèbres et généreux donateurs. Sauvegarde des archives de l'Empire. Enrichissement de la collection Lapeyre, malheureusement inaccessible au public.

Le Président Guy Godlewski, victime d'un accident de la route, ne connut pas cette dernière phase.

Le Baron Gourgaud succéda à Guy Godlewski, et c'est sous sa présidence que le Souvenir Napoléonien fêta par de grandes festivités le cinquantenaire de la Fondation.

Le Souvenir Napoléonien fut reconnu d'utilité publique en 1982.

Paris est le " Bureau Centralisateur " des délégations créées dans toute la France et à l'étranger.

A ce jour ; il existe 18 délégation régionales groupant 80 départements. Il faut y ajouter la délégation de la Principauté de Monaco, de la Belgique, de la Saxe, de l'Italie du Nord, de Suède, de Pologne et de Russie

Les historiens les plus réputés appartiennent à la société du Souvenir Napoléonien, ainsi que les descendants des plus grandes familles napoléonienne qui aident notre action de recherche, en mettant à notre disposition des archives privées et inédites.

Le Souvenir Napoléonien ne doit en aucun cas s'associer à une action politique ni poursuivre d'arrière-pensée politique, sous prétexte de fidélité à un idéal.

Le Souvenir Napoléonien doit adapter le culte du héros " Napoléon " à l'évolution des courants de pensée. Depuis plus de 150 ans, le thème du guerrier et de ses exploits demeure le plus populaire, le plus répandu. Il est l'objet de la ferveur éminemment respectable des nostalgiques d'une certaine conception de la gloire nationale. Cette tradition doit être maintenue dans une association comme le Souvenir Napoléonien, dût-elle être la dernière à honorer les fastes militaires de l'Empire.

Cette tendance ne saurait toutefois monopoliser nos activités, ni même les dominer, si nous voulons intéresser la jeunesse et un large éventail social d'adultes qui sont aujourd'hui plus attirés par l'œuvre civile de Napoléon Ier. Il serait conforme à l'esprit de notre temps de mettre l'accent sur sa politique économique et sociale, sur ses conceptions administratives et judiciaires, l'influence qu'il exerça dans la sphère des lettres, des sciences, des arts, des techniques.

Les historiens se sont souvent montré injustes dans leur appréciation du Premier et du Deuxième Empire.

Notre Association s'est mise au service de la vérité historique, et y consacre les moyens dont elle dispose :

Des articles et des comptes-rendus de conférences publiés dans la revue bimestrielle, des voyages d'études aux lieux marqués par la présence ou l'influence des deux empires Napoléon Ier et Napoléon III.

 

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