Deux
Princes Grimaldi
Firent partie des armées impériales.
Le
Prince Joseph, en avril 1807, fut l'un des quatre capitaines
des gendarmes d'élite de la Garde Impériale
et il rejoignit l'Armée à Varsovie.
Au
mois de juin, l'Empereur le nomma officier d'ordonnance
et le chargea de rapporter à l'Impératrice
Joséphine la nouvelle officielle de la Paix de
Tilsit. Il devint quelques temps après Chambellan
de l'Impératrice Joséphine et fut fait membre
de la Légion d'Honneur le 3 décembre 1807.
Le
Prince Joseph, qu'on appelait Monsieur de Monaco, était
le frère du Prince Honoré IV.
Le
Prince Joseph, né le 10 septembre 1763, mort le
28 juin 1816. Epouse le 6 avril 1782 Françoise-Thérèse
de Choiseuil-Stainville, guillotinée le 26 juillet
1794.
Le
Prince Honoré-Gabriel, né le 13 mai 1778,
mort le 2 octobre 1841- célibataire. Fils aîné
du Prince Honoré IV.
Le
Prince Honoré-Gabriel, s'était engagé
dès qu'il avait atteint l'âge de vingt ans,
dans un régiment de cavalerie. Devenu sous-lieutenant
le 13 germinal an VIII, il fut aussitôt détaché
au service d'état-major et employé auprès
du général Grouchy.
Le
Général distingua vite les qualités
de son jeune aide de camp qu'il chargea à plusieurs
reprises de missions particulières.
A
l'automne de l'an IX (1800) Honoré-Gabriel partit
avec son général pour les Grisons ; mais
presque aussitôt la division Grouchy rejoignit l'armée
de Moreau dès que celui-ci eut forcé les
lignes de la vallée du Danube. On sait la part
héroïque et principale que Grouchy prit à
l'éclatante victoire de Hohenlinden puisqu'il soutint,
au centre de l'armée française, tout l'effort
de l'armée autrichienne. Dans son rapport, le général
rend hommage aux services rendus par ses aides de camp,
surtout à ceux du jeune Grimaldi, qui eut le bras
droit percé d'une balle et qui fut proposé
pour le grade de lieutenant, dont il reçut quelques
semaines après le brevet. Il vit à cette
occasion ses fonctions d'aide de camp confirmées.
Dans
les journées qui suivirent Iéna et Auerstedt,
le corps de cavalerie de Murat, dont faisait partie la
division de Grouchy fut lancé à la poursuite
de Hohenlohe, qui faisait marche forcée pour éviter
d'être coupé dans sa retraite. Il atteignit
l'ennemi le 26 octobre à Zehdenick. Cette action
valut encore au Prince Honoré-Gabriel une mention
dans le rapport de son général.
Le
28 octobre, le combat de Prenzlaw consommait la ruine
du corps Hohenlohe. Pendant la lutte acharnée qui
remplit toute la journée " mon aide de camp
Monaco " dit Grouchy, contribua par sa valeur et
sa présence d'esprit au succès de l'action.
A la tête d'un poignée de cavaliers, Honoré-Gabriel
fit mettre bas les armes à un bataillon tout entier,
il contribua ensuite par son énergie à empêcher
l'incendie du village après la bataille.
Il
fut, pour ce fait d'armes, promu capitaine et proposé
pour la Légion d'Honneur.
En
décembre, il quittait ses fonction d'aide de camp
près de Grouchy et rejoignait le 25e chasseur.
Il fit avec son régiment la campagne de Silésie
et assista à la bataille d'Eylau - 8 février
1807.
Dix
jours après, il était désigné
comme aide de camp de Murat, grand-duc de Berg, avec lequel
il séjourna à Varsovie. En avril et mai
il fit la campagne de Friedland et assista la reddition
de Königsberg. Au combat de Guttstadt, il reçut
une grave blessure d'un coup de baïonnette en faisant
des prisonnier de sa main. Il fut cité à
l'ordre du jour et fait chevalier de la Légion
d'Honneur à la demande du grand-duc de Berg le
3 juillet 1807.
Il
suivit Murat en Espagne où il accomplit une série
de missions des plus dangereuses. Il était revenu
en France en août 1808. au mois de juin 1809, le
Prince Honoré-Gabriel fit partie de la maison de
l'Empereur en qualité d'écuyer.
Lors
de la constitution de la Maison de Joséphine après
le divorce, le 1er janvier 1810, il fut nommé le
premier écuyer de l'Impératrice.
Napoléon
avait créé Honoré-Gabriel baron de
l'Empire, le 15 août 1810. a partir de 1811 il figure
sous l'appellation de " Baron de Monaco " dans
l'Almanach Impérial.
Rencontre
de l'Empereur Napoléon et du Prince Héréditaire
Honoré-Gabriel en mars 1815 au retour de l'Ile
d'Elbe. Le 1er mars 1815, vers onze heures du soir, la
chaise de poste qui portait le Prince Honoré-Gabriel
fut brusquement arrêtée, à la sortie
de Cannes, par une troupe armée, à la tête
de laquelle le Prince reconnut le Général
Cambronne. Quand le Prince eut fait connaître sa
qualité, il fut invité à se rendre
à quelque distance où se trouvait, bivouaquant
dans un bois d'oliviers, l'Empereur Napoléon, qui
venait de débarquer revenant de l'Ile d'Elbe.
L'entrevue
fut cordiale. Suivant la légende qui s'est faite,
le Prince ayant répondu à une question de
l'Empereur : " Je vais chez moi, à Monaco.
"
Napoléon aurait riposté : " Et moi
aussi, aux Tuileries. "
Honoré
IV étant mort au mois d'avril 1819, le Prince Honoré-Gabriel
gouverna à partir de cette époque sous le
nom d'Honoré V.