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Suite
logique des journées impériales organisées
en Principauté, le Souvenir Napoléonien de
Monaco avait organisé un voyage d'étude de
plusieurs jours à l'île d'Elbe. Une trentaine
de personnes se sont donc retrouvées sur les traces
de Napoléon afin d'approfondir leurs connaissances
sur cette période d'exil de l'empereur des Français.
Tout a commencé par une visite de cette île
minuscule, mais magnifique, située à quinze
kilomètres de la côte italienne. Que de souvenirs
ont ressurgi du passé avec Elisa, la sur de
l'empereur, princesse de Lucques et de Piombino, grande
duchesse de Toscane, dont l'île faisait partie. Autant
de personnages évoqués par le docteur François
Sikirdji, président du " Vol de l'Aigle "
dans ses commentaires.
Commentaires
qui ont abordé les circonstances historiques conduisant
Napoléon à l'exil, après l'abdication
de Fontainebleau. Tout comme la personnalité des
compagnons de Napoléon : les généraux
Bertrand, Drouot et Cambronne, le trésorier Peyrusse
et le directeur des mines Pons de l'Hérault. Ou encore
Mme Letizia, la mère de l'empereur, Pauline sa sur,
Maria Walewska et son jeune fils Alexandre.
L'orateur
a décrit également la vie quotidienne de Napoléon
durant ces trois cents jours d'exil (du 3 mai 1814 au 26
février 1815), la situation politique en France et
en Europe et, pour finir, l'analyse des raisons et les conséquences
immédiates et plus lointaines de son retour en France.
Nombreuses
traces
Durant
cette période, Napoléon a profondément
marqué les structures socio-économiques de
l'île et la vie de ses habitants.
Son drapeau est encore présent : blanc, barré
en diagonale d'une bande rouge orangée avec trois
abeilles d'or. Il a engagé de nombreux travaux concernant
les routes, améliorant l'agriculture et développant
les mines. Comme à Portoferraio où Napoléon
a vécu, dans la villa des Mullini, sa résidence
principale. C'est aussi l'Ermitage de la Madona del Monte
où l'empereur a séjourné pour fuir
les chaleurs de l'été. Il a reçu Marie
Walewska et leur fils, le jeune Alexandre. Ou la résidence
d'été de San Matino, acquise grâce aux
bijoux donnés par sa sur Pauline et qui sera
surnommé avec ironie : " Saint-Cloud ".
Que
d'émotions !
Que
d'émotions ! D'ailleurs, un certain nombre d'idées
se mettent en place. Des compléments de réponses
éclairent ces grands moments de l'épopée
napoléonienne. Notamment : pourquoi Napoléon
est-il rentré de l'île d'Elbe ? Pourquoi s'est-il
livré aux Anglais après Cent Jours ?
Au multiples raisons avancées pour expliquer son
retour de l'île d'Elbe, ce voyage a permis de comprendre
l'état d'esprit de l'empereur à cette époque.
Cette minuscule principauté était charmante,
mais elle n'avait pas la taille de ses ambitions. Ce séjour
ne pouvait donc représenter qu'une courte étape
dans sa vie. Quant aux raisons de la reddition de Napoléon
aux Anglais, après son court séjour dans l'île
d'Aix, près de Rochefort, elles se retrouvent aussi
à l'île d'Elbe.
"Napoléon
n'est pas son frère Joseph, a commenté le
docteur François Sikirdji. Il ne pouvait se contenter
d'une vie bourgeoise de propriétaire terrien, même
aux Etats-Unis. C'est dans sa vie quotidienne sur l'île
au cours des trois cents jours, que l'on comprend mieux
le choix de l'île de Sainte-Hélène.
L'empereur ne pouvait choisir que la croix, le supplice,
c'était le seul chemin possible pour sa résurrection
: le retour des cendres et la mise au tombeau aux Invalides.
L'île d'Elbe est un lieu où l'on va, la première
fois, par curiosité. Mais où l'on retourne
ensuite par plaisir et avec émotion".
A la
présidente monégasque d'en prendre bonne note
!
Carnet
de route du Président du "Vol de l'Aigle"
Du 21
au 24 mai 2000, la présidence du Souvenir Napoléonien
de Monaco avait organisé, à la suite de ses
journées annuelles dans la Principauté, un
voyage de quatre jours à l'Ile d'Elbe.
Trente
napoléoniens se sont donc retrouvés sur les
trace de Napoléon et de ses " Trois cents jours
" d'exil, sur cette île minuscule, mais magnifique.
D'une superficie de 220 km2 et d'une longueur de côtes
de 85 km, elle est située à 15 km de la côte
italienne et mesure 20 km sur 9. L'île reçoit
9 millions de touristes par an, 3 fois plus que la Corse,
ayant pourtant 9 fois moins d'habitants et une superficie
40 fois moindre !
Le départ
de Nice puis de Monaco en car nous a permis, le premier
jour, de rencontrer la côte italienne avec Gênes
puis Livourne, où nous avons déjeuné,
les beaux paysages de la Toscane, puis Piombino où
nous attendait le bateau pour la traversée d'une
heure vers l'île d'Elbe. Déjà les souvenirs
ressurgissent du passé, avec Elisa, la sur
de l'empereur, princesse de Luques et de Piombino, grande
duchesse de Toscane, dont l'île faisait partie.
C'est
après une heure de ferry que nous arrivons dans une
baie admirable au bord de laquelle la ville de Portoferraio
est posée, avec ses restes de murailles et les deux
forts qui la protègent, celui de l'Etoile et celui
du Faucon. Nous débarquons en fin d'après-midi.
Dès
notre installation dans le très beau Park-Hôtel
Napoléon, nous avons tous ressenti cette impression
particulière que nous procurait l'île : calme,
sérénité et présence de l'Histoire.
Nous étions à une centaine de mètres
du site choisi par l'empereur pour y édifier sa résidence
d'été de San Martino.
Après
le dîner, j'ai présenté une conférence
sur " Napoléon à l'île d'Elbe "
à mes compagnons de voyage. Après quelques
éléments sur la géographie, l'histoire
de l'île et le survol des différents sites
napoléoniens, nous avons abordé les circonstances
historiques des évènements qui ont amené
Napoléon à l'exil, après l'abdication
de Fontainebleau. Puis, nous nous sommes penchés
sur la personnalité des compagnons de Napoléon,
comme celle des généraux Bertrand, Drouot
et Cambronne, du trésorier Peyrusse et du directeur
de mines Pons de l'Hérault. Nous avons décrit
les séjours des seuls membres de sa famille qui sont
venus le rejoindre dans l'île : Madame Létizia,
la mère de l'empereur, et Pauline sa sur, mais
aussi Maria Waleweska et son jeune fils Alexandre. Nous
avons rapidement décrit la vie quotidienne de Napoléon
durant ces Trois cents jours d'exil (du 3 mai 1814 au 26
février 1815), la situation politique en France et
en Europe et, pour finir, nous avons analysé les
raisons et les conséquences immédiates et
plus lointaines de son retour en France.
Durant
son cours séjour, Napoléon a profondément
marqué, et pour toujours, les structures socio-économiques
de l'île et la vie de ses habitants. Son drapeau est
encore présent : blanc, barré en diagonale
d'une bande rouge-orangée sur laquelle sont placées
trois abeilles d'or. Il a engagé de nombreux travaux
concernant les routes, améliorant l'agriculture,
développant les mines et modernisant la voirie à
Portoferraio.
Dès
le lendemain matin, nous faisons un périple en car
pour visiter la partie ouest de l'île. Cette promenade
nous confirme combien cette île est montagneuse, avec
le mont Capanne culminant à plus de 1000 mètres,
et des rivages très découpés dessinant
des criques naturelles bien abritées et dont le fond
est occupé par de petites plages.
La pêche
sous-marine se pratique d'ailleurs près de abrupts
rocheux, avec de nombreuses grottes marines.
Après
avoir longé la très belle baie de Procchio,
nous remontons vers la petite ville côtière
de Marciana Marina, avec sa plage, son port et son agréable
bord de mer bordé de palmiers, de lauriers-roses
et de magnolias.
En quittant
cette petite ville, nous pouvons admirer sur la droite une
plage où se baignait Pauline et le rocher qui porte
toujours son nom. Plus loin, dans un virage sur le bord
de la route, se trouve la fontaine Napoléon qui produit
toujours une eau exploitée par les habitants de l'île
et mise en bouteille avec une étiquette portant la
silhouette de l'empereur et son nom.
Puis
nous montons vers Marciana Alta, village qui, dans la montagne,
surplombe la baie de Porcchio. Nous y trouvons la maison
d'été qui fut occupée par la mère
de l'empereur durant l'été et les chaudes
journées.
Nous
déjeunons sur le chemin du retour, près de
Portoferraio, ce qui nous ppermet d'admirer à nouveau
sa magnifique baie.
L'après-midi
est consacrée à la visite, à Portoferraio,
des lieux où Napoléon a vécu. Nous
l'avons commencée par celle de la villa des Mullini
(Villa des moulins), située au sommet de Portoferraio
entre les deux forts face à la mer. Elle a été
choisie par Napoléon pour en faire sa résidence
principale, alors qu'il habitait provisoirement à
l'hôtel de ville. Il y fit construire un premier étage
pour y accueillir Marie Louise et le roi de Rome qui ne
vinrent jamais. C'est sa sur Pauline qui s'y installera.
Napoléon fait venir du mobilier appartenant à
sa sur Elisa. Au rez-de-chaussée, on découvre
un bureau, un salon et une bibliothèque avec mille
ouvrages venant en particulier de Fontainebleau. C'est la
chambre à coucher de l'empereur qui lui fait suite.
C'est
au premier étage que l'on trouve le grand salon de
Pauline et la salle de bal servant aux réceptions.
En redescendant,
on passe par les pièces donnant sur le jardin où
se trouvent le bureau de Napoléon et la salle du
conseil.
Dans
le jardin, on découvre une statue de Pauline réplique
de l'uvre de Canova et une esplanade qui s'avance
vers la mer avec une vue magnifique sur les environs.
Devant
la villa, un tunnel a été construit pour faciliter
l'accès aux Mullini depuis la ville. Il permet de
redescendre vers la rue Victor Hugo où au numéro
3 se trouve la maison dans laquelle a habité la famille
Hugo. Le père du poète, commandant Joseph
Hugo, a fait partie de la garnison de l'île de 1802
à 1805.
On arrive ensuite sur une petite place où se trouve
un église transformée en théâtre
en 1814-1815. c'est en descendant qu'on atteint la Porte
de Terre.
Au centre
du port se trouve la Porte de Mer par laquelle Napoléon
est entré le mercredi 4 mai 1814. Elle donne sur
la place Cavour avec la demeure, au numéro 9, du
général Drouot qui fut gouverneur de l'île.
Une petite rue permet d'accéder à la place
principale actuelle, la Place de la République, ancienne
place d'armes où défilait la Vieille Garde.
A droite, le Duomo qui est la cathédrale où
Napoléon fut accueilli. A côté d'elle,
l'Auberge Bouroux qui, avec le café " Buono
gusto ", était le rendez-vous des soldats de
la Garde.
L'Hôtel
de ville fut la première demeure où Napoléon
résida du 4 au 21 mai 1814. Il occupait l'appartement
du premier étage, dans l'angle droit qui sera celui
du général Bertrand après l'installation
de Napoléon aux Mullini.
Depuis
l'Hôtel de ville, on peut remonter au Mullini par
la via Garibaldi qui se continue par la via Napoleone sous
la forme d'un grand escaliers aux larges marches. On y trouve
la célèbre église de la Miséricorde,
ou des Pénitents blancs, où venait prier Madame
Mère et où se rendait parfois Napoléon
lui-même.
Juste à côté de cette église
se trouve un petit musée renfermant quelques souvenirs
de l'époque napoléonienne.
C'est dans une petite rue proche de la via Napoléone
que se trouve la " Casa Vantini ", où habitait
Madame Mère lors de son séjour su l'île
d'Elbe.
Le troisième
jour de notre séjour nous a permis de remonter à
Marciana Alta, pour atteindre l'Ermitage après trente
minutes d'une dure montée. L'Ermitage de la Madona
de Monte, sur le Monte Giove (le Mont Jupiter), permet de
dominer l'ouest de l'île. Napoléon a séjourné
en ce lieu du 23 août au 4 septembre 1814 afin de
fuir les chaleurs de l'été. Il y a reçu
Marie Walewska et leur fils, le jeune Alexandre les 1er
et 2 septembre 1814. C'est dans une petite maison de quatre
pièces, voisine de l'église de l'Ermitage
que Marie a habité, alors que Napoléon avait
fait dresser sa tente de campagne à proximité.
Il aimait regarder la Corse depuis les rochers qui servent
d'observatoire. Par beau temps, on peut voir le Cap Corse
depuis ce lieu et Bastia est à 55 km.
Après
le déjeuner, nous sommes allés visiter l'est
de l'île et la petite ville de Porto Azzuro (anciennement
Porto Longone) où Napoléon a résidé
du 4 au 24 septembre, dans la forteresse qui domine la ville
et le golfe. C'est du port que Marie Walewska et son fils
sont repartis pour Naples le 4 septembre 1814.
Puis
nous sommes allés visiter une cave, l'île d'Elbe
possède deux cépages donnant des vins parfumés
et puissants : le Moscato, blanc et l'Aleatico, rouge.
Dans la presqu'île du sud-est, nous avons fait une
halte dans une taillerie de pierres précieuses qui
sont nombreuses et très diverses dans l'île.
Près
de notre hôtel, nous avons terminé la journée
par la visite très attendue de San Martino. Il s'agit
de la belle résidence d'été de Napoléon
avec son musée napoléonien. Napoléon
désirait acquérir une résidence en
dehors de la ville de Portoferraio pour éviter le
bruit, les visites et la chaleur. C'est grâce aux
bijoux donnés par sa sur Paulin qu'il achète
San Martino qui sera surnommé avec un peu d'ironie
: " Saint-Cloud ".
Dès
l'arrivée devant les grilles dominées par
les aigles napoléoniennes, un édifice grandiose
occupe la largeur du site. Sur plus de 60 mètres,
il présente une façade néo-classique.
Il s'agit du palais Demidoff construit en 1851. Le prince
Alexandre Demidoff était l'époux de la princesse
Mathilde, petite fille de Jérôme Bonaparte
et frère de l'empereur. Le palais est aujourd'hui
un centre d'exposition. On peut y retrouver, dans l'une
des salles, la plus célèbre statue de Canova
intitulée " Galatée " et pour laquelle
posa Pauline Borghèse.
La villa San Martino semble posée sur le toit du
plais Demidoff. Au rez-de-chaussée on y trouve les
communs, la cuisine et la salle de bains. C'est au premier
étage que se trouvent les huit pièces d'habitation
dont trois étaient réservées à
l'empereur avec une chambre, un bureau et un petit salon.
Trois autres étaient occupées par le général
Bertrand et les officiers. Les deux autres pièces
étaient destinées à la salle du conseil
et à la salle centrale dite " salle égyptienne
", dont les murs et les plafonds sont décorés
de motifs égyptiens.
Les grandes terrasses donnent une très belle vue
de Portoferraio à l'horizon, entre ciel et terre.
Le quatrième
jour nous fait prendre la route du retour. C'est quand le
bateau s'éloigne progressivement des côtes
de l'île d'Elbe, que nous avons pu ressentir un peu
de l'émotion de ceux qui, le 26 février 1815,
en fin d'après-midi, tentaient l'aventure périlleuse
des Cent-Jours.
Après
ce voyage, un certain nombre d'idées se mettent en
place. Des compléments de réponses viennent
à l'esprit, face aux questions que se posent toujours
ceux qui s'intéressent aux grands moments de l'épopée
napoléonienne. Notamment :
- pourquoi
Napoléon est-il rentré de l'île d'Elbe
?
- pourquoi
s'est-il livré aux Anglais après les Cent-Jours
?
Les
éléments de réponse sont nombreux ;
mais ces deux décision de Napoléon restent
toujours entourées d'un peu de mystère.
Aux multiples raisons avancées pour expliquer le
retour de Napoléon de l'île d'Elbe, seul le
voyage sur place permet de comprendre réellement
l'état d'esprit de l'empereur à cette époque.
Cette minuscule principauté était bien charmante,
mais n'avait pas la taille des ambitions napoléoniennes.
Ce séjour dans l'île ne pouvait représenter
qu'une courte étape dans sa vie.
Quant
aux raisons pouvant expliquer la reddition de Napoléon
aux Anglais, après son court séjour dans l'île
d'Aix, près de Rochefort, elles se retrouvent aussi
présentes dans son séjour à l'île
d'Elbe. Napoléon n'est pas son frère Joseph
; il ne pouvait se contenter d'une vie " petite-bourgeoise
" de propriétaire terrien, même aux Etats-Unis.
C'est dans sa vie quotidienne à l'île d'Elbe,
durant ces Trois cents jours, que l'on comprend mieux le
choix du sacrifice de l'île de Sainte-Hélène.
Napoléon ne pouvait que choisir la croix, le supplice
: c'était le seul chemin possible pour sa résurrection
: le Retour des Cendres et la mise au tombeau des Invalides.
Il pouvait ainsi entrer de plein pied dans la légende,
par le martyre, et il savait alors qu'il y resterait pour
l'éternité.
Pour
un napoléonien, l'île d'Elbe est un lieu où
l'on va, la première fois, un peu par curiosité,
mais où l'on retourne sûrement, ensuite, par
plaisir et avec émotion.
Nous
ne pouvons que féliciter la présidente du
Souvenir Napoléonien de Monaco, la comtesse Nicolaï
de Fraticelli, d'avoir si bien organisé ce voyage
à l'île d'Elbe, voyage qui a été
filmé de bout en bout par une équipe de télévision
canadienne et qui passera sans doute prochainement sur une
chaîne nationale française.
Le Dr. François SIKIRDJI, président du
"Vol de l'Aigle".
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