Fêtes Impériales 2000

Hommage aux Maréchaux

Extrait du journal "Nice - Matin"
Du 18 mai au 4 juin, exposition, conférence, défilé… organisés par le Souvenir Napoléonien de Monaco évoqueront l'action de ces grands militaires sous le Premier Empire.

Les fêtes impériales de l'année 2000 joindront la grandeur historique aux qualités littéraire et picturale dès le jeudi 18 mai, en Principauté, et jusqu'au dimanche 4 juin. Outre l'habituel attrait de retracer des événements de la vie de Napoléon, le thème de cette manifestation portera sur les " Maréchaux de France au Premier Empire ".

C'est donc vers les personnalités de l'empereur et de ces grands militaires que convergera l'ensemble des conférences, exposition, récit, concert organisés par le Souvenir Napoléonien de Monaco, présidé par Mme Charlotte Nicolaï de Fraticelli.
Un sujet qui sera d'ailleurs traité par l'historien Alain Pigeard, le vendredi 19 mai, à partir de 18 heures, au Métropole Palace. Une conférence où l'auteur s'est largement penché sur les sources historiques les plus diverses tout en restant très libre à leur égard dans la composition de son récit.

Pour chacun de ces conquérants, il parcourut en effet les cycles ascendants et descendants dont l'Histoire semble avoir fixé les lois. Ainsi, les Augereau, Bernadotte, Marmont, Masséna, Murat, Ney, Poniatowski… " livreront " l'aspect merveilleux de leur destin.
L'hommage prendra également la forme d'une exposition de souvenirs militaires et historiques de cette période par la société Armur, au salon Debussy de l'hôtel de Paris, à Monte-Carlo, le vendredi 19 mai.
Le vernissage aura lieu le samedi, à 18h30, en prélude à la " Nuit Impériale ", à 21 heures, à la salle Empire. Auparavant, une aubade sera donnée par la batterie des Grognards de haute Alsace, des descendants des Grenadiers à pied de la Garde Impériale, à 18 heures, sur la place du Casino.

Le musée napoléonien du Palais princier

La prestation de cette formation, composé de treize tambours, deux grosses caisses, cymbalier, tambour-major, porte-aigle et cantinière arborant l'uniforme de la Grande Armée, durera quelque quarante minutes.
Habituellement, les cérémonies du samedi soir mettaient un point final à la manifestation. Il en ira différemment cette année car le lendemain dimanche suivra un voyage d'études à l'île d'Elbe jusqu'au 24 mai.
Cependant, tout amateur qui désire entreprendre des recherches minutieuses et approfondies possède en Principauté une base solide pour commencer son travail : le musée napoléonien du Palais princier.
Pour le conservateur Régis Lécuyer, " cette collection constituée par le prince Louis II a été enrichie avec soin par le prince Rainier III. Curieuses, pittoresques, souvent émouvantes, les " reliques " de cette épopée napoléonienne se classent parmi les plus belles collections avec plus de mille objets rattachés au Premier Empire. Quelques pièces méritent d'être plus particulièrement citées.

"Comme les larges écharpes tricolores que Bonaparte portait à l'armée d'Italie, une panoplie présentant les armes d'honneur de l'époque du Consulat, un buste de Napoléon en biscuit de Sèvres réalisé par Houdon, des débris d'armes ramassés au pied des pyramides, son chapeau, le précieux drapeau du bataillon des grenadiers de l'île d'Elbe, exemplaire unique, etc. par la richesse et la variété de cette collection, le musée du Palais, gardien de souvenirs de l'un des plus prestigieux moments de l'Histoire de France et du glorieux passé de Monaco, honore l'illustre demeure des Grimaldi ".

Certes, s'il importe peu que les héros meurent et que les choses restent ce qu'elles sont, il est primordial en ce monde que notre esprit accepte de vivre en accord avec l'héroïsme et la tradition. Une tendance développée à coup sûr par l'action du Souvenir Napoléonien en ces fêtes impériales.

Jean-Marie FIORUCCI

 

Voyage à l'Ile d'Elbe Mai 2000

Sur les traces de Napoléon à l'île d'Elbe

Extrait du journal " Nice - Matin " Mai 2000
 
Sous l'impulsion de la présidente Charlotte Nicolaï de Fraticelli, le Souvenir Napoléonien de Monaco a entrepris un voyage d'étude sur les trois cents jours d'exil de l'empereur.

Suite logique des journées impériales organisées en Principauté, le Souvenir Napoléonien de Monaco avait organisé un voyage d'étude de plusieurs jours à l'île d'Elbe. Une trentaine de personnes se sont donc retrouvées sur les traces de Napoléon afin d'approfondir leurs connaissances sur cette période d'exil de l'empereur des Français.
Tout a commencé par une visite de cette île minuscule, mais magnifique, située à quinze kilomètres de la côte italienne. Que de souvenirs ont ressurgi du passé avec Elisa, la sœur de l'empereur, princesse de Lucques et de Piombino, grande duchesse de Toscane, dont l'île faisait partie. Autant de personnages évoqués par le docteur François Sikirdji, président du " Vol de l'Aigle " dans ses commentaires.

Commentaires qui ont abordé les circonstances historiques conduisant Napoléon à l'exil, après l'abdication de Fontainebleau. Tout comme la personnalité des compagnons de Napoléon : les généraux Bertrand, Drouot et Cambronne, le trésorier Peyrusse et le directeur des mines Pons de l'Hérault. Ou encore Mme Letizia, la mère de l'empereur, Pauline sa sœur, Maria Walewska et son jeune fils Alexandre.

L'orateur a décrit également la vie quotidienne de Napoléon durant ces trois cents jours d'exil (du 3 mai 1814 au 26 février 1815), la situation politique en France et en Europe et, pour finir, l'analyse des raisons et les conséquences immédiates et plus lointaines de son retour en France.

Nombreuses traces

Durant cette période, Napoléon a profondément marqué les structures socio-économiques de l'île et la vie de ses habitants.
Son drapeau est encore présent : blanc, barré en diagonale d'une bande rouge orangée avec trois abeilles d'or. Il a engagé de nombreux travaux concernant les routes, améliorant l'agriculture et développant les mines. Comme à Portoferraio où Napoléon a vécu, dans la villa des Mullini, sa résidence principale. C'est aussi l'Ermitage de la Madona del Monte où l'empereur a séjourné pour fuir les chaleurs de l'été. Il a reçu Marie Walewska et leur fils, le jeune Alexandre. Ou la résidence d'été de San Matino, acquise grâce aux bijoux donnés par sa sœur Pauline et qui sera surnommé avec ironie : " Saint-Cloud ".

Que d'émotions !

Que d'émotions ! D'ailleurs, un certain nombre d'idées se mettent en place. Des compléments de réponses éclairent ces grands moments de l'épopée napoléonienne. Notamment : pourquoi Napoléon est-il rentré de l'île d'Elbe ? Pourquoi s'est-il livré aux Anglais après Cent Jours ?
Au multiples raisons avancées pour expliquer son retour de l'île d'Elbe, ce voyage a permis de comprendre l'état d'esprit de l'empereur à cette époque.
Cette minuscule principauté était charmante, mais elle n'avait pas la taille de ses ambitions. Ce séjour ne pouvait donc représenter qu'une courte étape dans sa vie. Quant aux raisons de la reddition de Napoléon aux Anglais, après son court séjour dans l'île d'Aix, près de Rochefort, elles se retrouvent aussi à l'île d'Elbe.

"Napoléon n'est pas son frère Joseph, a commenté le docteur François Sikirdji. Il ne pouvait se contenter d'une vie bourgeoise de propriétaire terrien, même aux Etats-Unis. C'est dans sa vie quotidienne sur l'île au cours des trois cents jours, que l'on comprend mieux le choix de l'île de Sainte-Hélène. L'empereur ne pouvait choisir que la croix, le supplice, c'était le seul chemin possible pour sa résurrection : le retour des cendres et la mise au tombeau aux Invalides. L'île d'Elbe est un lieu où l'on va, la première fois, par curiosité. Mais où l'on retourne ensuite par plaisir et avec émotion".

A la présidente monégasque d'en prendre bonne note !

Carnet de route du Président du "Vol de l'Aigle"

Du 21 au 24 mai 2000, la présidence du Souvenir Napoléonien de Monaco avait organisé, à la suite de ses journées annuelles dans la Principauté, un voyage de quatre jours à l'Ile d'Elbe.

Trente napoléoniens se sont donc retrouvés sur les trace de Napoléon et de ses " Trois cents jours " d'exil, sur cette île minuscule, mais magnifique. D'une superficie de 220 km2 et d'une longueur de côtes de 85 km, elle est située à 15 km de la côte italienne et mesure 20 km sur 9. L'île reçoit 9 millions de touristes par an, 3 fois plus que la Corse, ayant pourtant 9 fois moins d'habitants et une superficie 40 fois moindre !

Le départ de Nice puis de Monaco en car nous a permis, le premier jour, de rencontrer la côte italienne avec Gênes puis Livourne, où nous avons déjeuné, les beaux paysages de la Toscane, puis Piombino où nous attendait le bateau pour la traversée d'une heure vers l'île d'Elbe. Déjà les souvenirs ressurgissent du passé, avec Elisa, la sœur de l'empereur, princesse de Luques et de Piombino, grande duchesse de Toscane, dont l'île faisait partie.

C'est après une heure de ferry que nous arrivons dans une baie admirable au bord de laquelle la ville de Portoferraio est posée, avec ses restes de murailles et les deux forts qui la protègent, celui de l'Etoile et celui du Faucon. Nous débarquons en fin d'après-midi.

Dès notre installation dans le très beau Park-Hôtel Napoléon, nous avons tous ressenti cette impression particulière que nous procurait l'île : calme, sérénité et présence de l'Histoire. Nous étions à une centaine de mètres du site choisi par l'empereur pour y édifier sa résidence d'été de San Martino.

Après le dîner, j'ai présenté une conférence sur " Napoléon à l'île d'Elbe " à mes compagnons de voyage. Après quelques éléments sur la géographie, l'histoire de l'île et le survol des différents sites napoléoniens, nous avons abordé les circonstances historiques des évènements qui ont amené Napoléon à l'exil, après l'abdication de Fontainebleau. Puis, nous nous sommes penchés sur la personnalité des compagnons de Napoléon, comme celle des généraux Bertrand, Drouot et Cambronne, du trésorier Peyrusse et du directeur de mines Pons de l'Hérault. Nous avons décrit les séjours des seuls membres de sa famille qui sont venus le rejoindre dans l'île : Madame Létizia, la mère de l'empereur, et Pauline sa sœur, mais aussi Maria Waleweska et son jeune fils Alexandre. Nous avons rapidement décrit la vie quotidienne de Napoléon durant ces Trois cents jours d'exil (du 3 mai 1814 au 26 février 1815), la situation politique en France et en Europe et, pour finir, nous avons analysé les raisons et les conséquences immédiates et plus lointaines de son retour en France.

Durant son cours séjour, Napoléon a profondément marqué, et pour toujours, les structures socio-économiques de l'île et la vie de ses habitants. Son drapeau est encore présent : blanc, barré en diagonale d'une bande rouge-orangée sur laquelle sont placées trois abeilles d'or. Il a engagé de nombreux travaux concernant les routes, améliorant l'agriculture, développant les mines et modernisant la voirie à Portoferraio.

Dès le lendemain matin, nous faisons un périple en car pour visiter la partie ouest de l'île. Cette promenade nous confirme combien cette île est montagneuse, avec le mont Capanne culminant à plus de 1000 mètres, et des rivages très découpés dessinant des criques naturelles bien abritées et dont le fond est occupé par de petites plages.

La pêche sous-marine se pratique d'ailleurs près de abrupts rocheux, avec de nombreuses grottes marines.

Après avoir longé la très belle baie de Procchio, nous remontons vers la petite ville côtière de Marciana Marina, avec sa plage, son port et son agréable bord de mer bordé de palmiers, de lauriers-roses et de magnolias.

En quittant cette petite ville, nous pouvons admirer sur la droite une plage où se baignait Pauline et le rocher qui porte toujours son nom. Plus loin, dans un virage sur le bord de la route, se trouve la fontaine Napoléon qui produit toujours une eau exploitée par les habitants de l'île et mise en bouteille avec une étiquette portant la silhouette de l'empereur et son nom.

Puis nous montons vers Marciana Alta, village qui, dans la montagne, surplombe la baie de Porcchio. Nous y trouvons la maison d'été qui fut occupée par la mère de l'empereur durant l'été et les chaudes journées.

Nous déjeunons sur le chemin du retour, près de Portoferraio, ce qui nous ppermet d'admirer à nouveau sa magnifique baie.

L'après-midi est consacrée à la visite, à Portoferraio, des lieux où Napoléon a vécu. Nous l'avons commencée par celle de la villa des Mullini (Villa des moulins), située au sommet de Portoferraio entre les deux forts face à la mer. Elle a été choisie par Napoléon pour en faire sa résidence principale, alors qu'il habitait provisoirement à l'hôtel de ville. Il y fit construire un premier étage pour y accueillir Marie Louise et le roi de Rome qui ne vinrent jamais. C'est sa sœur Pauline qui s'y installera. Napoléon fait venir du mobilier appartenant à sa sœur Elisa. Au rez-de-chaussée, on découvre un bureau, un salon et une bibliothèque avec mille ouvrages venant en particulier de Fontainebleau. C'est la chambre à coucher de l'empereur qui lui fait suite.

C'est au premier étage que l'on trouve le grand salon de Pauline et la salle de bal servant aux réceptions.

En redescendant, on passe par les pièces donnant sur le jardin où se trouvent le bureau de Napoléon et la salle du conseil.

Dans le jardin, on découvre une statue de Pauline réplique de l'œuvre de Canova et une esplanade qui s'avance vers la mer avec une vue magnifique sur les environs.

Devant la villa, un tunnel a été construit pour faciliter l'accès aux Mullini depuis la ville. Il permet de redescendre vers la rue Victor Hugo où au numéro 3 se trouve la maison dans laquelle a habité la famille Hugo. Le père du poète, commandant Joseph Hugo, a fait partie de la garnison de l'île de 1802 à 1805.
On arrive ensuite sur une petite place où se trouve un église transformée en théâtre en 1814-1815. c'est en descendant qu'on atteint la Porte de Terre.

Au centre du port se trouve la Porte de Mer par laquelle Napoléon est entré le mercredi 4 mai 1814. Elle donne sur la place Cavour avec la demeure, au numéro 9, du général Drouot qui fut gouverneur de l'île. Une petite rue permet d'accéder à la place principale actuelle, la Place de la République, ancienne place d'armes où défilait la Vieille Garde. A droite, le Duomo qui est la cathédrale où Napoléon fut accueilli. A côté d'elle, l'Auberge Bouroux qui, avec le café " Buono gusto ", était le rendez-vous des soldats de la Garde.

L'Hôtel de ville fut la première demeure où Napoléon résida du 4 au 21 mai 1814. Il occupait l'appartement du premier étage, dans l'angle droit qui sera celui du général Bertrand après l'installation de Napoléon aux Mullini.

Depuis l'Hôtel de ville, on peut remonter au Mullini par la via Garibaldi qui se continue par la via Napoleone sous la forme d'un grand escaliers aux larges marches. On y trouve la célèbre église de la Miséricorde, ou des Pénitents blancs, où venait prier Madame Mère et où se rendait parfois Napoléon lui-même.
Juste à côté de cette église se trouve un petit musée renfermant quelques souvenirs de l'époque napoléonienne.
C'est dans une petite rue proche de la via Napoléone que se trouve la " Casa Vantini ", où habitait Madame Mère lors de son séjour su l'île d'Elbe.

Le troisième jour de notre séjour nous a permis de remonter à Marciana Alta, pour atteindre l'Ermitage après trente minutes d'une dure montée. L'Ermitage de la Madona de Monte, sur le Monte Giove (le Mont Jupiter), permet de dominer l'ouest de l'île. Napoléon a séjourné en ce lieu du 23 août au 4 septembre 1814 afin de fuir les chaleurs de l'été. Il y a reçu Marie Walewska et leur fils, le jeune Alexandre les 1er et 2 septembre 1814. C'est dans une petite maison de quatre pièces, voisine de l'église de l'Ermitage que Marie a habité, alors que Napoléon avait fait dresser sa tente de campagne à proximité. Il aimait regarder la Corse depuis les rochers qui servent d'observatoire. Par beau temps, on peut voir le Cap Corse depuis ce lieu et Bastia est à 55 km.

Après le déjeuner, nous sommes allés visiter l'est de l'île et la petite ville de Porto Azzuro (anciennement Porto Longone) où Napoléon a résidé du 4 au 24 septembre, dans la forteresse qui domine la ville et le golfe. C'est du port que Marie Walewska et son fils sont repartis pour Naples le 4 septembre 1814.

Puis nous sommes allés visiter une cave, l'île d'Elbe possède deux cépages donnant des vins parfumés et puissants : le Moscato, blanc et l'Aleatico, rouge.
Dans la presqu'île du sud-est, nous avons fait une halte dans une taillerie de pierres précieuses qui sont nombreuses et très diverses dans l'île.

Près de notre hôtel, nous avons terminé la journée par la visite très attendue de San Martino. Il s'agit de la belle résidence d'été de Napoléon avec son musée napoléonien. Napoléon désirait acquérir une résidence en dehors de la ville de Portoferraio pour éviter le bruit, les visites et la chaleur. C'est grâce aux bijoux donnés par sa sœur Paulin qu'il achète San Martino qui sera surnommé avec un peu d'ironie : " Saint-Cloud ".

Dès l'arrivée devant les grilles dominées par les aigles napoléoniennes, un édifice grandiose occupe la largeur du site. Sur plus de 60 mètres, il présente une façade néo-classique. Il s'agit du palais Demidoff construit en 1851. Le prince Alexandre Demidoff était l'époux de la princesse Mathilde, petite fille de Jérôme Bonaparte et frère de l'empereur. Le palais est aujourd'hui un centre d'exposition. On peut y retrouver, dans l'une des salles, la plus célèbre statue de Canova intitulée " Galatée " et pour laquelle posa Pauline Borghèse.
La villa San Martino semble posée sur le toit du plais Demidoff. Au rez-de-chaussée on y trouve les communs, la cuisine et la salle de bains. C'est au premier étage que se trouvent les huit pièces d'habitation dont trois étaient réservées à l'empereur avec une chambre, un bureau et un petit salon. Trois autres étaient occupées par le général Bertrand et les officiers. Les deux autres pièces étaient destinées à la salle du conseil et à la salle centrale dite " salle égyptienne ", dont les murs et les plafonds sont décorés de motifs égyptiens.
Les grandes terrasses donnent une très belle vue de Portoferraio à l'horizon, entre ciel et terre.

Le quatrième jour nous fait prendre la route du retour. C'est quand le bateau s'éloigne progressivement des côtes de l'île d'Elbe, que nous avons pu ressentir un peu de l'émotion de ceux qui, le 26 février 1815, en fin d'après-midi, tentaient l'aventure périlleuse des Cent-Jours.

Après ce voyage, un certain nombre d'idées se mettent en place. Des compléments de réponses viennent à l'esprit, face aux questions que se posent toujours ceux qui s'intéressent aux grands moments de l'épopée napoléonienne. Notamment :

  • pourquoi Napoléon est-il rentré de l'île d'Elbe ?
  • pourquoi s'est-il livré aux Anglais après les Cent-Jours ?

Les éléments de réponse sont nombreux ; mais ces deux décision de Napoléon restent toujours entourées d'un peu de mystère.
Aux multiples raisons avancées pour expliquer le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, seul le voyage sur place permet de comprendre réellement l'état d'esprit de l'empereur à cette époque. Cette minuscule principauté était bien charmante, mais n'avait pas la taille des ambitions napoléoniennes. Ce séjour dans l'île ne pouvait représenter qu'une courte étape dans sa vie.

Quant aux raisons pouvant expliquer la reddition de Napoléon aux Anglais, après son court séjour dans l'île d'Aix, près de Rochefort, elles se retrouvent aussi présentes dans son séjour à l'île d'Elbe. Napoléon n'est pas son frère Joseph ; il ne pouvait se contenter d'une vie " petite-bourgeoise " de propriétaire terrien, même aux Etats-Unis. C'est dans sa vie quotidienne à l'île d'Elbe, durant ces Trois cents jours, que l'on comprend mieux le choix du sacrifice de l'île de Sainte-Hélène. Napoléon ne pouvait que choisir la croix, le supplice : c'était le seul chemin possible pour sa résurrection : le Retour des Cendres et la mise au tombeau des Invalides. Il pouvait ainsi entrer de plein pied dans la légende, par le martyre, et il savait alors qu'il y resterait pour l'éternité.

Pour un napoléonien, l'île d'Elbe est un lieu où l'on va, la première fois, un peu par curiosité, mais où l'on retourne sûrement, ensuite, par plaisir et avec émotion.

Nous ne pouvons que féliciter la présidente du Souvenir Napoléonien de Monaco, la comtesse Nicolaï de Fraticelli, d'avoir si bien organisé ce voyage à l'île d'Elbe, voyage qui a été filmé de bout en bout par une équipe de télévision canadienne et qui passera sans doute prochainement sur une chaîne nationale française.


Le Dr. François SIKIRDJI, président du "Vol de l'Aigle".

 

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