Le
Musée des Souvenirs Napoléoniens et des
Archives du Palais Princier
La collection napoléonienne que S.A.S. le Prince
Louis II avait constituée avec la passion et la
compétence de l'amateur éclairé et
que S.A.S. le Prince Rainier III a continué d'enrichir
avec un soin minutieux est accessible au public depuis
juin 1970.
Installé
dans l'aile méridionale du palais, le musée
bénéficie des conceptions les plus modernes
de présentation dans une vaste salle spécialement
édifiée pour le recevoir.
Les souvenirs napoléoniens sont présentés
au rez-de-chaussée, tandis qu'une spacieuse mezzanine
a été réservée aux documents
qui évoquent les périodes ou les événements
les plus marquants de l'histoire de Monaco.
Curieuses,
pittoresques, souvent émouvantes, les " reliques
" de l'épopée napoléonienne
gardent le secret d'une grande puissance d'évocation,
dominé par un majestueux portrait de l'empereur
en costume de sacre, uvre du Baron Gérard,
l'ensemble napoléonien, constitué par plus
de mille objets et documents, se classe parmi les plus
belles collections se rattachant au Premier Empire.
Quelques
pièces, dans un harmonieux ensemble dont la disposition
a été dictée par la chronologie,
méritent d'être plus particulièrement
citées : les larges écharpes tricolores
que le général Bonaparte portait à
l'armée d'Italie (et que nous retrouvons dans le
célèbre " Napoléon au pont d'Arcole
" du baron Gros) ; une précieuse panoplie
présentant les armes d'honneur de l'époque
du Consulat, uvres des plus habiles armuriers et
ciseleurs du temps ; un admirable buste de Napoléon
en biscuit de Sèves, par Houdon, où les
traits de l'Empereur, à l'apogée de sa gloire,
sont d'une noblesse et d'une pureté presque hiératique.
Voici
de curieux débris d'armes, des éperons,
des pommeaux, des garnitures de sabres historiés
que le brigadier Jean-Ours Agostini ramassa le 21 juillet
1798 aux pieds des Pyramides et qu'il authentifia de sa
main ; voici l'aigle d'un drapeau de la Garde Impériale
percée de deux coups de feu ; la montre offerte
au général Drouot ; le bâton de maréchal
de Victor, duc de Bellune ; le fanion personnel de l'empereur
Une
vitrine présente un chapeau ayant appartenu à
Napoléon, feutre noir orné d'un galon, à
la forme devenue légendaire
L'émouvant
et frêle image du roi de Rome est évoquée
par ses chaussons de baptême, en satin blanc, brodés
de soi, par une petite robe en fine batiste ornée
de dentelles, par les jouets (armes en miniatures) de
son enfance à Schönbrunn
Un
vaste panneau groupe l'ensemble des distinctions honorifiques
créées par Napoléon, par ses frères,
et par les souverains et les chefs des Etats nés
des victoires de l'Empereur des Français. Cette
collection est d'une richesse exceptionnelle.
Mais
la pièce la plus précieuse est le drapeau
du bataillon des grenadiers de l'île d'Elbe, en
soie blanche et rouge aux trois abeilles d'or, exemplaire
unique de l'étendard sous lequel commença
l'aventure des Cent jours, de l'île d'Elbe à
Waterloo et à Sainte-Hélène, dont
de modestes et pieux souvenirs (feuilles de saule près
duquel se trouvait la sépulture de l'Empereur,
terre du tombeau) voisinent avec les plus glorieux trophées
de la grande épopée.
La
partie supérieure du musée est réservée
à l'évocation du passé de la Principauté.
Parmi les collections des Archives du Palais, riches de
milliers de documents, on a choisi les pièces les
plus remarquables, où des noms célèbres
de l'Histoire sont associés à celui de Monaco
et aux destinées du pays.
Ainsi,
près de la charte de Louis XII, roi de France,
qui reconnaît l'indépendance de Monaco, nous
remarquons un parchemin signé de Charles Quint,
des lettres de Richelieu et de Mazarin, une lettre de
Louis XIV, entièrement de la main du roi, adressée
à son " cousin " le prince Antoine Ier
.
Le
visiteur admira encore toutes les monnaies frappées
par les princes de Monaco depuis 1640 et plus particulièrement
les grands écus d'Honoré II et les séries
contemporaines du Prince Rainier III. Le philatéliste
appréciera la collection complète des timbres
émis par la Principauté depuis le règne
du Prince Charles III. L'une et l'autre de ces collections
sont accompagnées de coins et de matrices, "
outils de la création " ayant servi à
leur réalisation.
Citons
encore les rutilants uniformes (portés par des
mannequins grandeur nature) des gardes des princes aux
différentes époques et la belle série
de cartes, de gravures et de peintures anciennes représentant
Monaco à travers le temps passé.
Par
la richesse et la variété de ses collections,
le musée du Palais, gardien de souvenirs de l'un
des plus prestigieux moments de l'histoire de France et
du glorieux passé de Monaco, honore l'illustre
demeure des Grimaldi.